L'ordre de Santiago
ou San Jaime de la Espada (Saint-Jacques de l'Épée)
est un ordre militaire et religieux catholique.

Historique.
À l'origine, cet ordre se composait de Galiciens qui, vers 1160, se préoccupaient de l'hébergement des pèlerins sur la route menant à Compostelle. Les uns étaient des chanoines du monastère de Santa Maria de Loyo, en Galice, près de Portomarìn, les autres formaient une confrérie d'une douzaine de laïcs, chevaliers valeureux.Le 1er août 1170, Ferdinand II de León et de Galice (1137-roi 1157-1188), confie la protection de Cáceres, en Estremadura, tout juste reconquise sur les musulmans, à Pedro Fernàndez, (premier maître de l’ordre - 1170-1184), et à ses douze frères d'arme qui l'ont aidé à prendre la ville. Désireux de fonder un ordre de chevalerie sur le modèle de ceux, prestigieux, créés pour la défense de la chrétienté en Terre Sainte, Pedro Fernàndez conclut en mai 1170, en présence du roi et des archevêques de Tolède et de Saint-Jacques-de-Compostelle, un accord avec le prieur du monastère de Santa Maria de Loyo.
Soumise à l'autorité spirituelle des augustiniens de Loyo, la Congrégation prend le nom « des Frères de Cáceres », et assure la protection des hospices tenus par les chanoines sur la route du pèlerinage, comme ceux de Portomarìn ou de San Marcos de León (Espagne).
Au début de 1171, devant les menaces de l'armée musulmane, Ferdinand Il convoque à León le maître de la nouvelle milice pour préparer le regroupement de ses forces.
À cette occasion, le 12 février 1171, l'archevêque de Compostelle, Pedro Gudesteiz, remet solennellement à Pedro Fernàndez la bannière d'étoffe rouge figurant en son centre le Fils du tonnerre, brandissant l'épée d'une main, tenant de l'autre la croix et les rênes de sa monture blanche.
C'est désormais sous le nom de saint Jacques, patron et défenseur de l'Espagne chrétienne, que serviront les Frères de Caceres, devenus Caballeros de la Espada, « Chevaliers de l'Épée » en souvenir de l'épée brandie par l'apôtre et constituant la «Milice du Christ et de saint Jacques» face aux soldats de Mahomet. Il se place ainsi sous le patronage de saint Jacques le matamore.
L'archevêque devint frère honoraire de l'Ordre, éleva son Maître la dignité de chanoine honoraire de Saint-Jacques, et consacra les frères « vassaux et chevaliers de Saint Jacques l'Apôtre pour combattre sous sa bannière pour l'honneur de l'Eglise et la propagation de la Foi ». Il leur promit son appui : il les aiderait de ses conseils et leur fournirait armes, troupes et subsides. Pour leur part, les frères s'engageaient à défendre Albuquerque, possession de l'archevêché compostellan en Estrémadure.
Pedro Fernàndez sait d'emblée donner à l'ordre une envergure internationale en acquérant des biens au Portugal, en Castille, en Aragon, en France, en Italie et en Terre Sainte. L’Ordre calque son organisation sur son implantation : sous l'autorité d'un maître, des grands commandeurs dirigent les cinq régions ou, royaumes de l'ordre : Léon, Castille, Aragon, Gascogne et Portugal (en 1290). Le « royaume » du Portugal se rend autonome en 1316.
Après avoir perdu leur siège de Caceres, repris par les musulmans en 1173, et s'être brouillé avec Ferdinand II de León, les chevaliers décident de gagner la Castille, où Alphonse VIII le Noble (1155-roi 1158-1214), entouré du maître de l'ordre de Calatrava et du grand prieur de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, les accueille avec tous les honneurs. En janvier 1174, le monarque castillan leur remet la ville et la forteresse d'Uclés, jusqu'alors tenues par les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.
L'année suivante, Pedro Fernàndez se rend à Rome auprès du pape Alexandre III, (1105-pape 1159-1181), qui ratifie, le 5 juillet 1175, la bulle d'approbation de l'ordre religieux et militaire de Santiago. En 1176, quelques chevaliers revinrent dans le royaume de León et s'établirent dans le couvent San Marcos, sur un terrain situé près du pont sur la Bernesga, où existaient, depuis 1151, une église et un hôpital pour pèlerins. Ils fondèrent également l'hôpital de las Tiendas, à la frontière de Castille.
Le nombre de chevaliers était alors 400 et ils pouvaient rassembler plus de 1000 lances.
Les rois de castille après la Bataille de Las Navas de Tolosa (1212) ; à laquelle ils ont participé, leur ont accordé des privilèges qui ont permis à l'ordre de repeupler d'étendues régions Andalousie et de Murcie.
Au XVIe siècle, l'Ordre possédait une centaine de commanderies, dont trois étaient réservés aux Grands Commandants, autant de châteaux, une trentaine de couvents, 26 hôpitaux, 240 églises, 5 hôpitaux, 178 villes et villages, et 1 université à Salamanque.
Le 2 janvier 1492, jour de la reddition de l’émir Boabdil, il aura l’honneur de voir sa bannière flotter sur la plus haute tour de l’Alhambra à Grenade. (Muhammad XI, Grenade 1452- émir 1482-1492 - Fès 1528.)
L’organisation de l’ordre.En 1174 le roi Alphonse VIII de Castille leur cède Ucles, dans la Province de Cuenca, et depuis a été considéré comme le siège de l'ordre ; là le Grand Maitre a habituellement résidé, et les archives de l'ordre ont été préservées jusqu'en 1869. Elles se trouvent actuellement à l'"Archivo Historico Nacional" de Madrid.
Une branche de l'ordre de Santiago groupe les clercs, sous la direction d'un Grand Prieur, suivant la règle des chanoines de Saint-Augustin, et établis à Uclès. Les clercs y vivent de la dîme de tous les acquêts de l'ordre. Ils se chargent de la vie religieuse des chevaliers qui, tous, une fois l'an, doivent faire retraite à Uclès et y font élever leurs fils.
Ces chevaliers de Santiago, demeurés laïques, forment la seconde branche de l'ordre, sous la direction du Maître, laïque comme eux et élu par eux en chapitre général à San Marcos de Leòn. Les chevaliers prêtent vœu de pauvreté individuelle, d'obéissance au maître, et de fidélité conjugale. En cas de veuvage, d'isolement ou de pauvreté, les chevaliers et leurs femmes se retirent à Uclès.
En ayant opté pour la règle de saint Augustin au lieu de la règle cistercienne, ses membres n’avaient pas l’obligation de faire vœu de chasteté, et ont pu contracter mariage (mariés étaient certains de leurs fondateurs.) Le droit de se marier, que d'autres ordres militaires n’ont obtenus à la fin du moyen âge, leur a été accordée des le début de l’ordre dans certaines conditions, telles que l'autorisation du roi, de l'engagement d'observer la continence pendant les fêtes de Noël, et le Carême, et sur certaines fêtes religieuses de l'année, ainsi que pendant la période de retraite faite à Uclés une fois par an. La douceur de cette règle a promu la diffusion rapide de l'ordre, qui a éclipsé les ordres plus anciens comme ceux de Calatrava et d'Alcantara, et dont la puissance était à l'étranger même réputé avant 1200.
Les chevaliers transmettent leurs biens patrimoniaux à leurs fils, qui peuvent rester en dehors de l'ordre, mais ils donnent à l'ordre les terres gagnées dans la Reconquête.
Les commanderies, confiées à des chevaliers Commandeurs, sont édifiées sur ces nouveaux territoires chrétiens, et les dîmes de tous les revenus vont aux clercs d'Uclès.
Par-delà le Maître, le seul souverain de l'ordre est le pape, et l'ordre est propriétaire des terres conquises en Estrémadure et en Andalousie. Mais l’Ordre prête son concours au roi dans toutes les opérations militaires. Ainsi, le troisième Maître, Sancho Fernandez, meurt en 1195 des suites de la bataille d'Alarcos et le maître Pelayo Perez Correa (1242-1275) est le principal artisan de la prise de Séville en 1248.
L'ordre protège les routes et les hospices du pèlerinage à Santiago, où les femmes des chevaliers trouvent à s'employer. Les Espagnols de toutes les couches sociales s'y affilient en confréries, aidant de leurs deniers et de leurs soins cette existence de charité qui complète la vie militaire. Enfin, des commanderies s'élèvent dans les terres offertes en Aragon, Catalogne, Valence et au Portugal.
Les Frères portaient l'habit blanc, chape et chaperon de même couleur marqué, sur le côté gauche de la poitrine, de la célèbre épée de satin rouge et d'une coquille, dans le même tissu, posée en abîme sur l'épée. Avec un bouclier d’or portant en croix une épée à poignée de lis.
La Dissolution de l'ordre.L’ordre fut dissous par les Rois Catholiques, sans le même acharnement cependant que celui qu'eurent à subir les Templiers en 1307. Les monarques agirent avec un grand sens politique. A la mort de Don Alonso de Cardenas, quarantième grand maître de l’ordre, Isabelle Ier la Catholique (1451-1474-1504) faisant en sorte que son époux fût élu grand maître de l'ordre en 1493. Ce qui facilita sa fin programmée.
La nomination du Grand Maître était ainsi passée sous la tutelle royale. Dans le but de dissiper la méfiance des chevaliers lors du chapitre général de 1513, Ferdinand II le Catholique, roi d'Aragon (1452-roi 1479-1516), devenu régent de Castille (de 1504 à 1516), décida la reconstruction du monastère-hôpital de San Marcos de Leòn, et offrit la somme de 300 000 maravédis.
Depuis cette époque, les rois d’Espagne ont conservé les titres et dignité de grand maître et administrateur de l’ordre qui est ainsi placé sous la protection de la couronne.
À l'époque moderne l'ordre fut transformé en un moyen de récompenser les fidèles du souverain. Ainsi Diego Vélasquez était chevalier de Santiago. Au XIXe siècle, les biens de l'ordre furent réunis à la couronne et l'ordre transformé en simple ordre honorifique. Il est encore aujourd'hui décerné par le roi d'Espagne.
La branche portugaise de l’ordre fut sécularisée en 1789 par la reine Maria. Il est aujourd’hui conservé par la république comme ordre de mérite dans les domaines des sciences, de la littérature et des arts.
source: wikipedia
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