Sept siècles passés …
Partout ou existe une présence templière, il y a « quelqu’un qui sait »…, quelqu’un qui, avec patience et passion, a creusé la question, repéré les lieux-dits, vérifié les traditions locales. Existent souvent les témoignages de ces recherches : notes, dossiers, cahier manuscrit, au fond d’un tiroir. La rencontre de ces personnes (on vous laisse parler, on attend de vous un mot, un signe de reconnaissance, puis en confiance, on livre son savoir…) apporte une chaleur humaine que ne dispensent pas, au premier degré au moins, archives et vieux papiers, malgré leur « charge » propre… Il y a le passant occasionnel qui vous fait voir, sous les broussailles, la vieille croix pattée que son grand-père lui montra…, l’aimable dame qui vous pilote dans Fanjac et vous montre les croix gravées sur les maisons…, la personne qui conte une légende confuse, jusqu’à ce qu’un vocable fasse dresser l’oreille…, toutes les personnes sollicitées qui acceptent de chercher, de questionner autour d’eux et communiquent des indices… Tous ces gens sont en somme les témoins, sans doute, ultimes du passé : ils possèdent quelques bribes d’une tradition, ou d’une connaissance objective, qui disparaîtront avec eux. Passé ultime, tant les traces laissées pas l’ordre des templiers ont été mis à mal : l’exemple de VAOUR est flagrant, de la commanderie conservé presque intacte avec son donjon jusqu’en 1900, il ne reste plus que quelques murs. Celle-ci ayant servis de carrière de pierres au village voisin.
Encore faut il savoir se mettre à l’écoute de cette mémoire collective, en accepter le principe, en admettre l’irrationalité éventuelle : en un mot, la prendre en compte à un certain niveau. Il y a soixante ans, dans le haut Razès, le glas sonnait au Bézu, une fois l’an, et les paroissiens priaient alors pour les « pauvres templiers… » . Aujourd’hui, le hameau est pratiquement désert, la chapelle est fermée, sinon désaffectée, et le glas ne sonne plus…
Objectives ou non, fiables ou pas, les connaissances des chercheurs locaux sont presque toutes vouées à disparaître : lorsqu’elles ont été « éditées », elle n’ont souvent fait l’objet que d’un tirage restreint, bulletin paroissial ou communal, journal scolaire… Certes il faut souligner l’action inlassable des sociétés savante, qui recueillent et éditent les travaux de leurs adhérents, portant, essentiellement sur l’histoire locale. Tous ces travaux sont portés à la connaissance des chercheurs par des catalogues édités au plan national.
Ce sont ces connaissances et les photos de ces vestiges que TEMPLUM, dans la mesure de ses moyens, se propose de rassembler, non plus gravés dans la pierre mais sur disques durs, afin de laisser des preuves indiscutables encore visibles loin du tumulte, des fantasmes et délires entourant les chevaliers du temple.
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