Le site de la ville romaine
de Lugdunum s’est fixé il y a plus de 2000 ans à un
carrefour de route où se trouvait un marché important.
Le monument à enceinte circulaire fut édifié dans
les années 10 ap J-C. à l’emplacement de ce carrefour
primitif.
Autour de centre symbolique,
les Gallo-romains construisirent en l’espace de deus générations
une ville dotée de ses principaux monuments publics ; temple
au culte de l’Empereur, thermes publics, marché, théâtre,
puis dans les siècles suivants et vers la périphérie
; amphithéâtre, camp militaire, port…
Au Vème siècle,
malgré l’édification du rempart qui fortifia la
ville haute, la vie persistait dans la plaine autour de centres nouveaux
comme la basilique chrétienne, flanquée d’une maison
aux somptueuses mosaïques. D’autres édifices, abandonnés,
furent pillés pour leurs pierres et leur décoration de
marbre, réutilisées ailleurs ou transformées en
chaux. Cela explique que les fouilles ne révèlent plus,
sauf exception, que la base des murs des bâtiments antiques.
Malgré l’absence
de traces archéologiques et malgré les textes qui évoquaient
la destruction de la ville en 585, il n’en faut pas moins imaginer
la permanence d’une occupation humaine qui retrouva un nouvel éclat à la
fin du XIIème siècle avec l’édification
de la cathédrale fondée par Bertrand de l’Isle-Jourdain.
Lugdunum, convenae au Vème siècle, devint alors Saint-Bertrand
de Comminges.
La cité antique a été fouillée
de 1914 à 1969 sans interruption. De nombreux bâtiments
découverts dans des terrains privés furent ré enfouis
pour permettre la poursuite des cultures et de l’élevage.
Les fouilles archéologiques reprirent en 1985. on peux voire
aujourd’hui les principaux monuments publics de la ville sur
lesquels des travaux de consolidation sont effectués.
Le
monument à enceinte circulaire

Le monument à enceinte
circulaire maintint, quand le centre de la ville fut profondément
transformé par les aménagements de début de notre ère,
le souvenir du carrefour primitif sur lequel il avait été édifié.
Il comprend deux parties : au centre, un soubassement carré,
posé sur une puissante fondation, devait supporter un monument
en grand appareil ; vers l’extérieur, un muret couronné de
chaperons en marbre délimitait une aire circulaire, ouverte à l’est.
Le monument central, sans
doute une colonne posée sur un socle, fut construite au début
de notre ère et protégé, pendant le premiers siècle,
par l’enceinte circulaire. Ce petit édifice matérialisa,
jusqu’à sa destruction, après 378, le centre de
la ville : il cumulait les fonctions d’épicentre de la
cité (caputviarum : point de convergence des voies) et de carrefour
(compitum), lieu sacré qu’étaient, par nature dans
l’Antiquité, les croisées de route.
La
place centrale

Situé en cœur
de la ville, à proximité immédiate du carrefour
originel, ce lieu est resté un vaste espace vide pendant toute
l’histoire de Lugdunum ; quatre pavement de cailloux s’y
superposent, depuis le début du 1er siècle jusqu’au
IVème siècle.
Le seul effort de monumentalisation
de la place, à la fin du IIème siècle, est l’érection
d’un petit temple, peut-être dédié à Hercule,
accolé au grand mur sud. Au IVème siècle, à l’est
et à l’ouest, furent adjoints à ces constructions
deux bras formant un modeste portique.
La vocation de cet espace, étroitement
lié au marché aux vivres qu’est le macellum, est
assurément économique. Il faut, selon toute vraisemblance,
y reconnaître le foirail de Lugdunum, sur lequel pendant quatre
siècles des milliers de carcasse de bovins furent découpées,
comme en témoignent les innombrable ossements de ces animaux
exhumés au cours des fouilles.
Le
marché

L’un des plus vastes
de l’occident romain, fut construit dans le second quart du 1er
siècle. Les boutiques agencées sur le pourtour extérieur
de l’édifice et autour d’une vaste place intérieure,
abritaient les commerces.
Agrémenté à l’origine de trois entrée
en exèdre, il fut transformé selon un plan plus fonctionnel,
puis disparut à une époque tardive au profit d’un
complexe encore difficile à identifier.
Les
thermes du forum

Les thermes du forum étaient
l’un des deux grands ensembles thermaux de Lugdunum connus par
les fouilles. Cet établissement public, de bains chaud et froids,
du début du premier siècle après J-C. sur 4000
m² il offre la disposition axiale classique des principales salles
: une piscine (natatio), une salle froide (frigidarium), une salle
chaude « sèche » (sudatorium) et une salle chaude
pourvue de bassins (caldarium).
L’usager laissait ses
vêtements dans le vestiaire, à gauche de l’entrée
nord. Dans les thermes il pouvait se baigner dans la natatio ou dans
les bassins d’eau froide du frigidarium. Pour se laver, il utilisait
les petits bassins d’eau chaude du caldarium, chauffés
par le sol (hypocauste) jusqu’à une température
pouvant atteindre 60º. S’il voulait pratiquer la course,
le pugilat ou la lutte, il rejoignait la palestre.
Les
thermes du nord

Ce deuxième grand ensemble
thermal de la ville antique fut construit vers le milieu du Ier siècle
de notre ère à l’emplacement d’un cartier
d’habitations privées, bâties en terre, qui venait
d’être incendié. Situé à 150 m au
nord du centre de la ville, il occupe toute la surface d’une
insula (îlot d’habitation) limitée à quatre
rues. Le monument comprend à l’est les salles froides
et chaudes (le caldarium, doté de niches où se trouvaient
les baignoires, et le sudatorium de plan circulaire). Au sud, un portique
entourait une vaste piscine de 1,55 m de profondeur dans laquelle on
descendait par deux escaliers d’angle. A l’ouest de ce
bâtiment s’étend une vaste cour (la palestre), bordée
dans un premier temps sur la rue par une rangée de boutiques
; elles furent transformées par la suite en salle couverte pour
les exercices physiques (le xyste). Deux entrées permettent
d’accéder aux bains ; au nord-ouest, une petite entrée
avec les vestiaires, les latrines et des salles annexes ; au sud-ouest,
une entrée plus imposante débouche sur une grande salle
au sud du palestre.
Des inscriptions, retrouvées
lors des anciennes fouilles dans ces thermes monumentaux de 3000 m² de
surface, témoignent aussi en ces lieux d’un culte à la
déesse Fortuna et à l’empereur.
Le
théâtre

Il ne subsiste, aujourd’hui,
de cet édifice que quelques vestiges de la cavea de ses gradins,
et les restes des couloirs d’accès aux places. On ne voit
plus rien du mur de scène. Adossé à la colline,
ce monument qui dominait la ville antique et était inscrit dans
le plan de l’urbanisme dès l’époque augustéenne,
fit l’objet au cours du temps de transformation et d’agrandissements.