Templum, vesiges et légendes des Templiers

Accueil
Présentation
Les Vestiges
Les Écrits
Les Liens
Livres
Contact

La Commanderie de Lacapelle-Livron

 

Au nord-est du département de Tarn-et-Garonne, aux confins du Lot, et de l'Aveyron, on trouve la commanderie de Lacapelle- Livron, une des plus importantes de la région.

Séparé par une route du village Saint-Peyronis, le village de Lacapelle- Livron a lui aussi un caractère très ancien : rues étroites, maisons enchevêtrées, vastes portails avec arc en plein cintre (dont certains éléments peuvent provenir de la commanderie ?).

vus du Donjon

Le donjon, massif, abrite l'église du village depuis le xve siècle;

entrée de l'église au pied du dojon

 

intérieur de l'église

 

 

 

il jouxte les bâtiments, fortement remaniés, de la commanderie, actuellement propriété privée.

 


Le premier acte dont nous disposons concernant cette maison date de 1225 : « Grimalz de Livron (Grimai de Livron) a vendut et donat et livrat à fraire Doat Garssia, Comandador del bestial de la cabana de Monso, et aIs autres fraires del Temple présens, tota la terra quel avia en la honor; ni aver devia, en la vila de la Capela, e tot quant avia en la vila de la Capela, 0 rendes, 0 cens, 0 quaIs que causas...»
Raymond VII, comte de Toulouse, suzerain, accepte et entérine cette transaction en 1227 : il accorde au Temple la pleine et entière juridiction de Lacapelk; en d'autres termes, car ce mot n'existait pas à l'époque, la seigneurie du lieu. Remarque : ce dernier point est contenu dans la seconde partie du texte, la première étant relative à la donation (ou à l'achat) de la terre possédée par Grimalz en ce lieu. D'une terre et non d'une maison, Grimalz, seigneur de Lacapelle, habitait semble-t-il à Livron, village très voisin. Ce qui nous intéresse dans l'instant, c'est le nom, et le titre, du mandataire templier : Doat Garssia, commandeur de la Cabane de Monso...

En 1210, donation est faite aux Templiers des châteaux de Graulhet, Ambres et Marnave. Donation dont on ne trouve pas de suites ni dans les archives, ni dans l'histoire, donation de type féodal, n'impliquant point, donc, la prise de possession concrète par le donataire, inféodation permettant sans doute au vicomte de Saint-Antonin de changer de suzerain et de mettre ces trois « forces» à l'abri des convoitises de Simon de Montfort.
Complété en 1230, par le don de la ville de Saint-Peyronis «et tota la drochura qu'en avia en la honor sobredicha», et en 1231 par G. de Villevayre de tous les droits seigneuriaux sur le Pech d'Auzon (Il s'avère que la ferme du Pech d'Auzon était une propriété de l'Ordre de 100 ha. La charte correspondant à cette acquisition n'existe pas dans le corpus des chartes.)
Il est frappant de constater la rapidité, voire la facilité, de cette opération de grande envergure, par rapport à la constitution plus lente d'autres grandes commanderies (Douzens, le Larzac...).
La donation est faite aux Templiers de Vaour. Arnal Gadel, commandeur de Monso, est cité dans cet acte. Cette charte a été retrouvée parmi les documents concernant le Mas- Deù, en Roussillon. S'y trouve-t-elle normalement, intentionnellement, ou par erreur, par rapprochement de Manso, Monso, avec Monzon, nom d'une très importante Maison de l'Ordre en Espagne ?

La brillante étude de M. Soutou sur ce sujet se fonde sur la première hypothèse, celle de liens particuliers entre Monzon et Vaour. Partant, si Vaour est « filleule» de Monzon, on peut admettre qu'en hommage, le nom de Monzon, devenu Monso, parfois écrit Manso, ait été donné à une annexe de la commanderie, éventuellement à une unité d'élevage itinérante, sur le Causse. L'expression locale «faire cabane» se rattache peu ou prou à l'idée de transhumance; la cabane de Monso fut peut-être une zone de passage, avec prélèvement d'un droit d'accueil et de pacage; ce pouvait être une grande bergerie; l'un et/ou l'autre sous la responsabilité d'un spécialiste: le commandeur dels bestials. La dite Cabane pouvait être aussi l'annexe d'un établissement nommé Monso ou Manso.

Manso n'a jamais été localisé. En revanche, un certain nombre de patronymes identiques se retrouvent dans les textes : en 1427, Jean de Manso fut molesté par des routiers anglais à Saint-Antonin; Gisbert de Manso était mercier à Parisot en 1351, Guillaume de Manso notaire à Puylaroque au XIVe siècle, G. de Manso notaire à Caylus en 1457... A l'heure actuelle, ces gens s'appelleraient sans doute « Manceaux » ou plutôt « Dumas ». .. Et probablement pas « Demonzon ». . .

La première étude sur la commanderie fut menée, au siècle dernier, par l'abbé Frédefond. Pour lui, la cellule originelle de la commanderie est la Maison elle-même. .. Et nous serons de son avis, pour les raisons suivantes, fondées sur une hypothèse tendant à organiser avec cohérence ces divers éléments : la transaction avec Grimalz de Livron ne peut pas être la charte de création, Monso était propriété du Temple depuis longtemps, mais la charte manque... Après la donation de 1225-1227, le terme Monso disparaît au profit de « la commanderie de Lacapelle-Livron ». Nous avons fait remarquer, au passage, que Grimalz n'a pas donné de maison... Tout le problème est résolu si nous acceptons l'idée suivante: en cette bourgade dépendant de Livron, les Templiers possédaient un manse, un mas, communément nommé «le mas» ou «le manse ». On écrivait ce terme sous la forme «Manso» ou «Monso ». Cette hypothèse simple nous paraît apte à dissiper les incertitudes et les extrapolations à ce propos...
Les Inventaires de Lacapelle-Livron réservent d'ailleurs aux chercheurs un certain nombre de pièges...

Le seigneur commandeur de Lacapelle était un grand seigneur, un personnage important du Quercy, qui tenait sa richesse des redevances classiques auxquelles s'ajoutaient des péages et des droits associés aux opérations de transhumance.
Au total, localement moins riches que telle ou telle abbaye, moins puissants que tel ou tel seigneur, les Templiers sont en fait au premier rang dans la région, tant sur le plan de la propriété que sur celui de la puissance seigneuriale.

bibliographie : Les templiers des pays d'oc et du roussillon de Simon JEAN

 

haut de page

Copyright © 2005 - Templum® Tous droits réservés.